Bataille du Chemin des Dames

Front de l'Aisne, 1917
Informations générales
Date 16 avril – octobre 1917
Lieu Entre Soissons et Reims
Issue Échec français, victoire tactique allemande
Belligérants

France

Empire allemand
Commandants
Robert Nivelle Erich Ludendorff
Forces en présence
61 divisions d'infanterie
7 divisions de cavalerie
850 000 hommes 41 divisions
Pertes
187 000 victimes (morts ou blessés) 163 000 victimes (morts ou blessés)
La bataille du Chemin des Dames ou seconde bataille de l'Aisne ou offensive Nivelle commence le 16 avril 1917 à 6 heures du matin pendant la Première Guerre mondiale par la tentative française de rupture du front allemand entre Soissons et Reims vers Laon, sous les ordres du général Nivelle : « l'heure est venue, confiance, courage et Vive la France ! ».
La situation militaire en avril 1917
La décision d'une offensive de grande ampleur est prise par le général Joffre quand il est encore à la tête de l'armée française. Les grandes lignes de l'offensive sont alors décidées : ce sera une attaque conjointe avec les troupes anglaises sur le front entre Vimy et Reims. Le front a la forme d'un angle droit : entre Vimy et Soissons, le front est d'orientation nord-sud et ouest-est entre Soissons et Reims. Tandis que les Anglais attaqueront sur la ligne entre Vimy et Soissons, les Français le feront entre Soissons et Reims afin d'affronter les Allemands selon deux directions différentes.
En décembre 1916, Nivelle remplace Joffre à la tête des armées. Il reprend le projet de Joffre : son idée est de concentrer un maximum de forces sur cette partie du front afin de l'enfoncer.
Sûrement pour prévenir une telle offensive, les Allemands se replient du 15 au 19 mars 1917 sur la Ligne Hindenburg. Le front est réduit de 70 kilomètres. L'angle droit de la ligne de front est gommé : la ligne de défense s'étend désormais dans une direction nord-ouest/sud-est de Vimy à Reims en passant par le Chemin des Dames. Les Alliés mettent 3 semaines à se rendre compte de la réalité de ce retrait. Le plan initial de l'offensive est désormais caduc. Cependant, Nivelle persiste dans ce premier projet et se contente de dissocier l'attaque anglaise sur Vimy de l'attaque française qui se fera sur le Chemin des Dames.
Le terrain
Le Chemin des Dames est un plateau calcaire, orienté Est-Ouest, situé entre la vallée de l'Aisne, au sud, et la vallée de l'Ailette, au nord. Ce plateau est un bel observatoire, tant vers le nord et la plaine située à l'est entre Reims et Laon, que celle située au sud depuis Soissons.
Les Allemands sont présents sur le plateau depuis septembre 1914. Ils ont eu le temps de transformer cet observatoire en forteresse en aménageant les carrières souterraines (Caverne du dragon), en creusant des souterrains permettant de relier l'arrière aux premières lignes, en édifiant et camouflant de nombreux nids de mitrailleuses.
Ce site a déjà été un lieu de combats qui vit une victoire de Napoléon Ier contre les armées russes et prussiennes du général Blücher, lors de la bataille de Craonne du 7 mars 1814. Depuis cette date, c'est un secteur relativement tranquille qui n'a pas fait l'objet, depuis la fin 1914, de grosses offensives. Les Allemands tiennent la ligne de crête et les Français sont établis sur les pentes.
Les forces en présence
Du côté français
Groupe d'Armées de Réserve [modifier]
Général commandant le G.A.R : Joseph Alfred Micheler
Chef d'Etat-major du G.A.R : Colonel Maurice Gamelin
6e Armée
Général commandant la 6e Armée : Charles Mangin
6e Corps d'Armée : Général Antoine de Mitry
12e Division d'Infanterie : Général Georges Brissaud-Desmaillets
54e Régiment d’Infanterie
67e Régiment d’Infanterie
350e Régiment d’Infanterie
56e Division d'Infanterie : Général Hellot
106e Régiment d’Infanterie
132e Régiment d’Infanterie
49e bataillon de chasseurs à pied
65e bataillon de chasseurs à pied
69e bataillon de chasseurs à pied
127e Division d'Infanterie : Général d'Anselme
25e Bataillon de Chasseurs à Pied
29e bataillon de chasseurs à pied
172e régiment d'infanterie
355e Régiment d’Infanterie
11e Corps d'Armée : Général Louis Ernest de Maud'huy
21e Division d'Infanterie : Général Dauvin
93e Régiment d’Infanterie
113e Régiment d’Infanterie : Général Passaga
168e Régiment d’Infanterie
22e Division d'Infanterie : Général Bouyssou
54e Régiment d’Infanterie
171e Régiment d’Infanterie
151e Division d'Infanterie : (détachée au 38e CA) Général Lanquetot
403e Régiment d’Infanterie
410e Régiment d’Infanterie
20e Corps d'Armée : Général Mazillier
11e Division d'Infanterie : Général Vuillemot
39e Division d'Infanterie : Général Massenet
153e Division d'Infanterie : Général Pellé
418e Régiment d’Infanterie
168e Division d'Infanterie : Général Magnan
37e Corps d'Armée : Général Émile Taufflieb
10e Division d'Infanterie : (détachée au 5e CA) Général Valdant
158e Division d'Infanterie : Général Priou
1er Corps d'Armée Colonial : Général Berdoulat
2e Division d'Infanterie Coloniale : Général Sadorge
3e Division d'Infanterie Coloniale : Général Puypéroux
23e Régiment d’Infanterie Colonial
57e Régiment d’Infanterie Colonial
2e Corps d'Armée Colonial : Général Blondlat
10e Division d'Infanterie Coloniale : Général Marchand
7e Régiment d’Infanterie Colonial
15e Division d'Infanterie Coloniale : Général Guérin
Divisions indépendantes :
166e Division d'Infanterie : Général Cabaud
97e Division d'Infanterie Territoriale : Général Lejaille
5e Division de Cavalerie : Général Charles Brécard
10e Armée
Général commandant la 10e Armée : Denis Auguste Duchêne
2e Corps d'Armée : Général de Cadoudal
3e Division d'Infanterie : Général Nayral Martin de Bourgon
4e Division d'Infanterie : Général Pentel
3e Corps d'Armée : Général Lebrun
5e Division d'Infanterie : Général Roig-Bourdeville
6e Division d'Infanterie : Général de Barescut
130e Division d'Infanterie : Général Toulorge
9e Corps d'Armée : Général Niessel
17e Division d'Infanterie : Général Lancrenon
18e Division d'Infanterie : Général Dillemann
152e Division d'Infanterie : Général Andrieu
18e Corps d'Armée : Général Hirschauer
35e Division d'Infanterie : Général Bonet
18e Régiment d’Infanterie
34e Régiment d’Infanterie
136e Division d'Infanterie : Général Paquette
57e Régiment d’Infanterie
1er Corps de Cavalerie : Général Féraud
1ère division de cavalerie : Général Robillot
3e division de cavalerie : Général de Boissieu
2e Corps de Cavalerie : Général de Buyer
2e division de cavalerie : Général Varin
4e division de cavalerie : Général de Cornulier-Lucinière
7e division de cavalerie : Général Prax
Division indépendante :
66e Division d'Infanterie : Général Lacapelle
Ve Armée
Général commandant la Ve Armée : Olivier Mazel
1er Corps d'Armée : Général Muteau
1ére Division d'Infanterie : Général Grégoire
2e Division d'Infanterie : Général Guignabaudet
51e Division d'Infanterie : Général Boulangé
162e Division d'Infanterie : Général Rauscher
5e Corps d'Armée : Général Baucheron de Boissoudy
9e Division d'Infanterie : Général Gadel
10e Division d'Infanterie : Général Valdant
125e Division d'Infanterie : Général Diébold
7e Corps d'Armée : Général de Bazelaire
14e Division d'Infanterie : Général Philipot
41e Division d'Infanterie : Général Mignot
48e Division d'Infanterie : Général Joba
32e Corps d'Armée : Général Passaga
40e Division d'Infanterie : Général Bernard
42e Division d'Infanterie : Général Deville
165e Division d'Infanterie : Général Caron
38e Corps d'Armée : Général Piarron de Mondésir
27e Division d'Infanterie : Général Barthélémy
151e Division d'Infanterie : Général Lanquetot
403e Régiment d’Infanterie
410e Régiment d’Infanterie
Divisions indépendantes :
131e Division d'Infanterie : Général Guillemin
6e division de cavalerie : Général Réquichot
Le commandement
Nivelle est à la tête des opérations. Sur le terrain, le Groupe d'Armée de Réserve, sous le commandement du général Micheler, se compose de la Ve Armée sous les ordres du général Mazel, de la VIe Armée sous les ordres du général Mangin et de la Xe Armée sous les ordres du général Duchêne.
Les troupes
La Ve Armée du général Mazel compte 16 divisions d'infanterie réparties en 5 corps, une division de cavalerie, deux brigades russes et un peu moins de 200 chars d'assaut répartis en 5 groupes.
La VIe Armée du général Mangin compte 17 divisions d'infanterie réparties également en 5 corps, une division de cavalerie et une division territoriale. De nombreux régiments de troupes coloniales, tirailleurs sénégalais et zouaves, constituent des troupes de choc.
Les troupes africaines doivent attaquer sur le secteur le plus stratégique du plateau, au niveau de l'isthme d'Hurtebise, face à la Caverne du dragon. Sur les 15 000 Africains présents face aux lignes allemandes, 6 000 mourront le 16 avril.
La Xe Armée du général Duchêne comptant 9 divisions d'infanterie est en réserve.
La IVe Armée du général François Anthoine, également en réserve, avec 5 divisions d'infanterie et le 2e Corps d'Armée colonial sous les ordres du général Blondlat.
Cette force d'environ 850 000 hommes dispose de 2 700 pièces d’artillerie de 75 et 2 300 mortiers lourds, dont 790 canons modernes.