Historique du 1er régiment de Chasseurs d'Afrique
-
IInd Empire et IIIe République
Le 1er régiment de Chasseurs d'Afrique est créé le 1e mars 1832 à Alger. Il est engagé régulièrement dans les campagnes de la conquête de l'Algérie (Mitidja, prise de Constantine 1837, Expédition des portes de fer, Prise de la Smalah d'Abd el Kader, bataille d'Isly 1844, campagne de Kabylie, prises de Zaatcha et de Laghouat).
Quatre escadrons du régiment sont envoyés en Crimée de mai 1854 à mai 1856 et se distinguent à la bataille de l'Alma, à Balaklava où leur charge contre les russes permettent de soulager la fameuse charge de la brigade légère britannique, à Inkermann et à Tratkir.
Le régiment participe à la campagne d'Italie (batailles de Montebello) et à Solférino, il charge et enfonce un carré autrichien.
C'est au Mexique qu'il tire ses plus belles pages de gloire, puisque trois de ses escadrons forment le 2e régiment de marche qui gagne le surnom des "bouchers bleus" et voit son drapeau décoré après la prise d'un drapeau ennemi le 5/5/1863 à San Pablo del Monté.
Durant la guerre de 1870, le régiment est affecté à la division des chasseurs d'Afrique et le 1/9/1870, lors de la bataille de Sedan, il charge à Illy, puis à Floing où il ouvre la charge de la division Margueritte et y perd son colonel.
Renvoyé en Algérie en 1871, il réprime l'insurrection de 1871, fait l'expédition d'el Amri (1876), l'expédition de l'Aures (1879-1880), celle du sud oranais (1881), puis la campagne de Tunisie. De 1884 à 1885, il est envoyé au Tonkin et combat à Bac Ninh, Lang Son et Tuyen Quang. En 1895, il envoie un escadron à Madagascar.
Jules Victor Anatole de Salignac Fénelon
Né à Darmstadt le 30/10/1816, où son père était ambassadeur de France.
C'est le frère de Jean, ambassadeur de France et sénateur et d'Adolphe, qui finira sa carrière comme général de division d'artillerie.
Il est lieutenant colonel au 1er chasseurs d'Afrique et prend le commandement du régiment en 1855 alors qu'il est en Crimée. Il reste à la tête du régiment lors de la campagne de Kabylie (1857) et lors de la campagne d'Italie (1859).
Il est pris en photo par le photographe Moulins, auteur d'une série de portrait d'Algérie en 1857. A cette date, il vient d'épouser la fille du maréchal Randon, ministre de la guerre.
Il sera nommé général de brigade en 1859, puis général de division en aout 1866, commandera une division de cavalerie en 1870 et est blessé à Sedan
Il terminera sa carrière comme commandant le 16e Corps d'armée sous la IIIe République.
Jérôme Napoléon Bonaparte

Jérôme Napoléon est le petit fils du Prince Jérôme, frère de l'Empereur Napoléon Ier et Oncle de Napoléon III. Il est issu de la branche Patterson, du premier mariage de Jérôme, annulé en 1805. Il est né à Baltimore le 5/11/1830 et à fait l'école de West Point entre 1848 et 1852. Après avoir servi deux ans au Texas, il quitte l'armée américaine et entre au service dans l'armée française comme Sous Lieutenant le 5/9/1854, au 7em régiment de dragons qu'il rejoint en Crimée. Il y sert comme officier d'ordonnance du général Morris, commandant la cavalerie française.
Promu Lieutenant le 5/6/1855. Le 10/11/1855, il reçoit la croix de la Légion d'honneur et revient de Crimée décoré de l'ordre du Medjidié et de la médaille de la Reine d'Angleterre.
A la fin de la campagne, il est muté au 1er régiment de Chasseurs d'Afrique en avril 1856 et se fait photographier par Mayer et Pierson peu avant de partir pour l'Algérie, dans l'élégant spencer. Il participe à la campagne de Kabylie.
Il est promu Capitaine le 5/5/1859 et sert en Italie. Il se distingue à Solférino lorsque le régiment charge les carré autrichiens, en rompt un, mais doit abandonner devant les autres. Il sert aussi durant cette période à l'état major de l'Empereur.
Au retour d'Italie, il est muté au 1er régiment de carabiniers en fevrier 1860, il en devient capitaine adjudant major vers 1864. Le 13/8/1865 il est promu Chef d'escadrons au 3e régiment de cuirassiers, puis il rejoint le régiment des Dragons de l'Impératrice en mars 1867. Il est nommé officier de la Légion d'Honneur en octobre 1868.
Lieutenant colonel le 27/8/1870, il sert au 2e régiment de dragons, mais reste à Paris durant les premières opérations, prenant virtuellement le commandement du palais des Tuileries. Durant le siège de Paris, il est nommé colonel du 14e régiment de dragons mis sur pied avec divers escadrons de dépôt, mais ce régiment ne sera pas engagé.
Il démissionne en mars 1871 à la fin du régime impérial, pour rentrer aux Etats Unis s'occuper de ses affaires de famille. Il est mort aux Etats Unis en 1893.
Ernest Marie Plessis

Ernest Marie Plessis est ne le 14/5/1837 à Pontivy. Elève à Saint Cyr (promotion du Prince Impérial 1855-1857), il est nommé sous lieutenant le 1/10/1857 au 3e régiment de chasseurs d'Afrique.
Après avoir été engagé en Algérie, il sert durant la campagne d'Italie et combat à Mélégnano et à Solférino où il est blessé à la tête d'un coup de feu et d'un coup de baïonnette lors de la charge du régiment sur les carrés de l'infanterie autrichienne. Dans son rapport sur l'engagement, le commandant de l'escadron décrit ainsi la journée : "La gauche de l'armée française était victorieuse. Solférino et Cavriana étaient en notre pouvoir, mais le canon se faisait toujours entendre, Français et Piémontais se battaient avec acharnement et repoussaient les Autrichiens sur la route de Volta. Notre droite n'était pas aussi heureuse, elle faiblissait un peu devant les réserves d'infanterie que nous apercevions sur notre droite. Le moment était décisif : aussi le général Desvaux n'hésita pas un instant à lancer sa cavalerie sur l'ennemi. Le 5e Hussards et le 1er chasseurs chargent sur l'infanterie ennemie formée en carrés, ils sont reçus par un feu terrible qui leur fait beaucoup de mal surtout au 1er chasseurs qui laisse quatre officiers morts sur le coup. Le 3e chasseurs s'avancait toujours à sa place de bataille pour soutenir les mouvements de ceux qui le précédaient; enfin son tour est arrivé. Les escadrons qui ont chargé les premiers sont le 5e et 6e escadrons. La sonnerie du boute charge se fait entendre et les deux escadrons, commandés par M Oudinot se lancent en fourrageurs sur les carrés et le terrain compris entre eux et la ferme dite Campanolo. le 5e escadron a traversé l'ennemi, ses pertes en font foi. Chacun dans cette circonstance se conduisit avec courage et energie, cette charge a été poussée à fond et a coûté un cinquième et plus de l'effectif de l'escadron. M Plessis, entrainé par son ardeur a été aussi bravement blessé d'un coup de feu à la tête; Il est jeune et plein d'avenir, la croix de chevalier peut lui être donnée, il la portera bien.
Durant la nuit qui suit la bataille, il est retrouvé "errant comme un fou autour de l'ambulance d'où il s'était échappé pris d'un transport au cerveau".
Cette aventure ne nuit pas à la suite de sa carrière militaire, car il part faire l'expédition du Mexique et se distingue en mars 1863 lors des combats contre la cavalerie mexicaine pendant les opérations contre la ville de Puébla. le 22 mars à Cholula, 400 cavaliers français y culbutent 2000 cavaliers mexicains qui laissent 200 morts sur le terrain. Il est nommé chevalier de la légion d'honneur. Il se distingue de nouveau le 14 avril à Atlixo où les chasseurs d'Afrique culbutent une nouvelle fois la cavlerie mexicaine (dragons d'Iturbides et lanciers rouges).
Lieutenant, le 12/11/1864, il passe au 1er régiment de chasseurs d'Afrique. En 1868, il est détaché à Saumur comme officier d'instruction. C'est à cette date qu'est prise la photo ci contre.
Le 10/8/1868, il est nommé capitaine adjudant major au régiment. Durant la guerre de 70, il participe aux affaires de Pont à Mousson, puis surtout aux charges de Sedan avec le 3e escadron. Il est tout d'abord envoyé par le colonel Clicquot reconnaître le terrain de la charge de Floing, puis il est blessé à la tête alors qu'il chargeait un des premiers. Capturé, il part prisonnier en Allemagne.
Après avoir été colonel du 9e régiment de hussards de 1884 à 1888, il est général de brigade commandant la brigade de cavaleire en Algérie jusqu'à sa mort en à 1893.
Anatole Reverony

Anatole Révérony est ne le 11/3/1843 à Caen. Elève à Saint Cyr (promotion du Mexique 1861-1863 ), il est nommé sous lieutenant le 1/10/1863 au 1er régiment de chasseurs d'Afrique.
En 1870, lieutenant (depuis le 2/8/1870) il est aide de camp du général Margueritte, commandant la division des chasseurs d'Afrique. Révérony s'illustre une première fois le 12/8/1870 à Pont à Mousson lorsque le régiment disperse une avant garde de cavalerie prussienne. "En tête de la colonne, le chasseur Robert, ordonnance du lieutenant Reverony est tué raide. La maison d'où les coups de feu étaient partis était une auberge, l'hôtel du Lion d'or, dont la vaste écurie attenante s'ouvrait au delà sur la rue par un grand portail carré. Cette auberge et ses dépendances étaient occupées par par un détachement prussien, fort d'au moins trente hommes qui s'y trouvaient enfermés. En même temps que le rez de chaussé de l'auberge se garnissait de feux, quelques coups de fusils partaient également de l'autre coté de la rue, un peu plus haut et presque en face de l'auberge. Le général s'était arrété sans mettre pied à terre et calmait ses chasseurs en disant "Doucement mes enfants, doucement." Il avait à sa droit le lieutenant Reverony. Rapidement sur son ordre, quelques chasseurs descendirent de cheval et allèrent tirer au jugé dans les persiennes au travers desquelles ne tarda pas à s'agiter un mouchoir blanc. On attendait la reddition des Allemands lorsque brusquement la porte cochère s'ouvre du dedans ; une décharge éclate, trois ou quatre chasseurs roulent à terre. Un hussard, le mousqueton à la main, s'élance au galop pour passer à la droite de Réverony qui se tourne vers lui et envoie un coup de revolver. L'homme mortellement atteint va tomber aux pieds du colonel Clicquot qui, en lui portant un coup de pointe à faux, brise sa lame près de la garde. Le général Margueritte était en même temps chargé par un autre cavalier. Celui-ci monté sur un cheval bai-cerise clair et le mousqueton haut, jette son coup de fusil, reprend son sabre qui pendait au poignet par la dragonne et cherche à se frayer un passage ; le capitaine Braünn pointe sans résultat, le hussrad pousse alors franchement sur sa gauche vers le général et lui assène sur la tête un coup de sabre assez violent pour couper les galons et le drap de cuir du képi. Le général s'écrie "Oh ! maleureux !", se baisse, parant en partie l'attaque et riposte par un coup de pointe. Chacun s'empresse pour dégager le général, mais Réverony a déja abattu d'un coup de revolver le hussard qui atteint sous le bras dans la région du coeur, tombe tué raide." (R. de Mandres "la division Marguerite à Sedan"). Réverony sera nommé chevalier de la Légion d'Honneur pour ce fait d'arme.
Lors de la première charge de la division à Sedan (sur le village d'Illy), au matin du 1/9/1870, il a un cheval tué sous lui alors qu'il escorte son général. Il s'illustre une seconde fois, lorsque plus tard dans la journée, il assite le général Margueritte qui, s’étant placé en avant de ses escadrons pour reconnaître l’ennemi, est atteint d'une balle qui lui traverse les deux joues en lui coupant la langue en partie. Revérony se précipite, relève le blessé, et, au milieu d’une véritable pluie de projectiles, après des efforts extraordinaires, le ramene dans les lignes françaises. Il le veille jusqu'à sa mort le 6 septembre en Belgique et l'enterre.
Après avoir été colonel du 8e régiment de hussards de 1888 à 1892, il est général de brigade commandant la 3e brigade de hussards de 1894 jusqu'à sa mort en à 1899.
merci pour les photos :Photo Beaudelaire (Caen) Photo Le Roch (Saumur) Photo Mayer et Pierson (Paris)