Notre-Dame de Lorette (62)
Un
cimetière national fut élevé sur 13 hectares comprenant 20 000 tombes individuelles. Les tombes se présentent suivant l'ordre des réinhumations, sans distinction de grade, ni de formation militaire: le Général Barbot repose à son rang aussi modestement que le simple soldat inhumé à sa droite.
Dans
huit ossuaires, le principal au pied de la tour lanterne, sont rassemblés 22 970 inconnus. Une partie du cimetière a été réservée aux soldats musulmans.
La nécropole de Notre-Dame-de-Lorette est située sur le territoire de la commune d'Ablain-Saint-Nazaire. Elle a été créée sur le site de l'ancien oratoire du XVIIIème siècle fondé par un peintre du village après son retour de pèlerinage à Lorette en Italie, sur une colline de 165 m où les batailles qui se déroulèrent d'octobre 1914 à octobre 1915 firent 100 000 morts et autant de blessés.

Vue générale. Photo Jean-Pierre Le Padellec
Dès 1919, le site s'imposa comme l'espace par excellence où devait être commémoré le sacrifice de centaines de milliers de combattants. Le petit cimetière créé en 1915 fut agrandi puis il reçut les années suivantes les corps de soldats français provenant de plus de 150 cimetières des fronts de l'Artois, de l'Yser et du littoral belge.
C'est un décret présidentiel du 16 janvier 1924 qui décida la réalisation de ce vaste ensemble, le plus vaste des cimetières militaires français : 40 058 corps y reposent dans des tombes individuelles et dans sept ossuaires. Sa surface est de 25 hectares.
Deux grandes allées, bordées par les rangs de tombes individuelles forment, en se croisant, une vaste esplanade, vouée aux célébrations. De part et d'autre, deux imposants monuments :
La Tour lanterne ( 52 mètres de haut, 200 marches) dont la première pierre fut posée par le maréchal Pétain le 19 juin 1921. L'inauguration eut lieu le 2 août 1925. Sa lampe de 3 000 bougies veille chaque nuit à raison de cinq tours par minute. À l'intérieur, une chapelle ardente renferme 32 cercueils dont un contenant le corps d'un soldat inconnu de 1939-1945, un second le corps d'un soldat inconnu d'Afrique du Nord, un troisième celui d'un soldat inconnu d'Indochine. Un reliquaire contient terre et cendres des camps de concentration. Sous la dalle centrale reposent 6 000 corps.
La tour-lanterne, comme la basilique qui la jouxte, sont l'oeuvre de l'architecte lillois Louis Cordonnier et de son fils, fortement mis à contribution pour les reconstructions des villes de Flandres anéanties pendant la Grande Guerre.
La basilique, romano-byzantine par son style, comprend notamment des fresques religieuses et des vitraux qui évoquent les événements de la Grande Guerre et l'histoire religieuse et patriotique de la France. Les murs sont revêtus de plaques à la mémoire des soldats. Elle comprend aussi un triptyque dédié à Notre Dame de Czestochowa, patronne vénérée des Polonais.
Au dehors, une table d'orientation permet de mieux apprécier les sites des combats des collines d'Artois, sur l'axe Béthune-Arras. La table a été offerte par les membres de l'association des rescapés du train de Loos, près de Lille.
On peut notamment porter son regard par delà les vallons, vers la colline de Mont-Saint-Eloi, dont l'abbaye n'est plus que ruines, et aussi vers celle de Vimy. Tout près, un monument rend hommage au général Maistre, qui commanda le 21ème corps d'armée.

Détail du fronton de la Basilique. Photo Jean-Pierre Le Padellec

L'intérieur de la Basilique. Photo Jean-Pierre Le Padellec
Le 16 juillet 1950, sur l'initiative de l'association "Les Fils des Tués", eut lieu dans la crypte, en présence de Guy Mollet et de Louis Jacquinot, ministre des anciens combattants, l'inhumation du "Soldat inconnu de 1939-1945". Puis, en 1955, la crypte recueillit les cendres de déportés disparus dans les camps nazis.
[size=12][size=21]soldat Inconnu de 1939-1945 inhumation le 16 juillet 1950[/size][/size]
Elle abrite également le corps du Soldat inconnu de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie (transféré en 1977) et celui du Soldat inconnu de la guerre d'Indochine (depuis 1980).

Le soldat inconnu d'Algérie
Dans le fonctionnement quotidien de la nécropole, il faut souligner la part importante prise par l'Association du monument de Notre-Dame-de-Lorette, fondée en 1920 par Mgr. Julien, évêque d'Arras, dont la Garde d'honneur assure bénévolement un service d'accueil et de présence à la tour-lanterne (de mars à novembre) auprès des visiteurs et lors des cérémonies, et ranime la flamme chaque dimanche (contact au 03.21.45.15.80).
La nécropole est entretenue par les équipes techniques de la direction interdépartementale des anciens combattants de Lille. Elle fait l'objet d'un important programme de rénovation, commencé en 2004.

Vitrail de la Basilique. Photo Jean-Pierre Le Padellec
La tour Lanterne. Photo Jean-Pierre Le Padellec
Le Musée vivant de Notre Dame de Lorette
Il est situé sur la colline même, à 200 mètres de la chapelle. Il présente plus de 2 000 pièces de collection mais surtout il s'attache à reconstituer le cadre quotidien des soldats de la Grande Guerre : y sont reconstitués des abris souterrains avec installations téléphoniques, postes de secours et locaux spécifiques.
Des animations audio-visuelles y sont effectuées et, à l'extérieur, sont proposées des reconstitutions de tranchées et de terrains de bataille.
Il est ouvert tous les jours de 9 h à 20 h.
http://www.nordmag.fr/patrimoine/histoire_regionale/premiere_guerre/lorette.htm